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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 16:52

Après un café philo un peu animé, il me semble qu'il faut revenir sur la justification de la redistribution pour tous prônée dans le blog de philosophie politique. Il semblerait que ce ne soit pas ici la place de cet article, dans ce blog de philosophie économique, mais la propriété étant le fondement de l'économie, et la justification de la redistribution, cet article se trouvera ici.

La justification d'une redistribution pour tous par l'Etat vient en réalité du fondement même de l'Etat, de sa création, et en même temps de la création de la propriété. Je vous invite à vous reporter au blog de philosophie politique pour l'explication de l'état de nature, de la possession et de la force. La question intéressante qui se pose dans cette théorie est la réduction des hypothèses d'intellect concernant l'individu : seul son désir de survie est considéré, et sa rationalité d'être humain (ses caractéristiques physiques différentes sont conservées). Pourquoi donc ne pas prendre plus de données, comme la morale, les préférences personnelles, les intérêts et sentiments sociaux... ? La réponse est assez simple : aucune unanimité n'est possible avec plus de données, car l'égalité de désir des individus devient alors impossible : il y aura toujours un désaccord des individus si on leur donne plus de substance, car les préférences, sentiments, etc sont différents. Il ne pourra plus y avoir unanimité, seulement consensus au mieux, plutôt un compromis, mais en tout cas l'Etat sera imposé à certains individus.

Cette obligation d'Etat, même pour un seul individu, est un coup fatal porté à cette théorie, qui se veut la justification rationnelle de l'Etat, avec une nécessité d'accord unanime rationnel. Il faut donc y répondre. L'individu, s'il ne peut tomber d'accord avec ses voisins dans sa pleine diversité de sentiments et de préférences, doit être 'purifié' pour chercher si dans une strate plus fondamentale il y aurait un accord possible. En enlevant donc au fur et à mesure les sources d'inégalité de volonté des individus, nous arrivons au plus fondamental des désirs, celui de la survie, le seul sur lequel nous pouvons finalement nous reposer pour tomber tous d'accord sur l'Etat et la propriété.

 

 

 

 

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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 16:52

Après un café philo un peu animé, il me semble qu'il faut revenir sur la justification de la redistribution pour tous prônée dans le blog de philosophie politique. Il semblerait que ce ne soit pas ici la place de cet article, dans ce blog de philosophie économique, mais la propriété étant le fondement de l'économie, et la justification de la redistribution, cet article se trouvera ici.

La justification d'une redistribution pour tous par l'Etat vient en réalité du fondement même de l'Etat, de sa création, et en même temps de la création de la propriété. Je vous invite à vous reporter au blog de philosophie politique pour l'explication de l'état de nature, de la possession et de la force. La question intéressante qui se pose dans cette théorie est la réduction des hypothèses d'intellect concernant l'individu : seul son désir de survie est considéré, et sa rationalité d'être humain (ses caractéristiques physiques différentes sont conservées). Pourquoi donc ne pas prendre plus de données, comme la morale, les préférences personnelles, les intérêts et sentiments sociaux... ? La réponse est assez simple : aucune unanimité n'est possible avec plus de données, car l'égalité de désir des individus devient alors impossible : il y aura toujours un désaccord des individus si on leur donne plus de substance, car les préférences, sentiments, etc sont différents. Il ne pourra plus y avoir unanimité, seulement consensus au mieux, plutôt un compromis, mais en tout cas l'Etat sera imposé à certains individus.

Cette obligation d'Etat, même pour un seul individu, est un coup fatal porté à cette théorie, qui se veut la justification rationnelle de l'Etat, avec une nécessité d'accord unanime rationnel. Il faut donc y répondre. L'individu, s'il ne peut tomber d'accord avec ses voisins dans sa pleine diversité de sentiments et de préférences, doit être 'purifier' pour chercher si dans une strate plus fondamentale il y aurait un accord possible. En enlevant donc au fur et à mesure les sources d'inégalité de volonté des individus, nous arrivons au plus fondamental des désirs, celui de la survie, le seul sur lequel nous pouvons finalement nous reposer pour tomber tous d'accord sur l'Etat et la propriété. Ainsi, en enlevant pratiquement toutes les contingences intellectuelles, à la manière de Kant, nous en arrivons au minimum, et au plus important de l'individu : son désir de survie.  

Nous arrivons donc à la vraie base de l'Etat, le désir individuel de survie. Pour se protéger, les individus accepteront rationnellement un Etat qui dispose du monopole de l'utilisation de la force, et qui défend la propriété des individus, propriété acceptée par tous en contrepartie d'une redistribution pour tous. Ainsi, la propriété sera créée à partir des possessions issues de l'usage de la force, et l'Etat pour protéger cette propriété (incluant la propriété de son corps).

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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /Déc /2006 22:50
Voici un dernier texte écrit sur le blog de Ségolène Royal. Je pense arrêter, ça manque d'interactivité tout ça. C'est comme un grand aspirateur à idées, qui ne dit ni merci ni merde. Plutôt étrange comme façon de faire, mais pourquoi pas. Le plus gros problème que je vois est que sur le livre, il y aura le nom de Ségolène Royal, pas celui de tous ceux qui ont eu les idées. C'est plutôt désagréable comme procédé en fait. Mais passons à ce qui nous intéresse, la résurrection des corporations. Mais commençons par le début.

Donc les désordres de l'emploi et du travail :
D'où viennent-ils exactement ? Trois explications se font concurrence, et en même temps se rejoignent pour parler de la flexibilité des salariés (ce qui veut dire qu'ils ne changent pas assez, ou assez vite, de type d'emploi).
1. Assistanat trop important de l'Etat
2. Faible mobilité (désir de changer d'emploi, changement géographique, etc) des salariés
3. Formation trop faible pour se reconvertir

Tout revient à demander aux salariés de s'adapter au marché : ils sont une variable de production qui doit se transporter et se transformer le plus facilement possible, sinon des poches de chômage se forment. Voilà pour le constat, maintenant essayons de résoudre le paradoxe qui émerge.

Tout d'abord, il serait bon de considérer l'être humain autrement que comme un facteur de production, donc ne pas lui imposer de contrainte de survie par la présence ou l'absence de travail. Je milite ici pour un assistanat de l'Etat, c'est vrai, mais bien différent de celui que l'on voit aujourd'hui, plus rationnel, plus libérateur, plus efficace économiquement aussi.

Ensuite, le choix d'un travail pour un individu dépend de trois facteurs : son envie de faire ce travail (désir personnel de l'individu), sa formation pour faire ce travail, la possibilité de faire ce travail (demande du marché). Je ne m'attarderai pas sur le troisième facteur, l'évolution rapide de l'offre et de la demande étant un atout majeur de la théorie du marché. Je me pencherai plutôt sur le deuxième : le problème de la formation.

En France, bizarrement, c'est l'Etat qui s'occupe en majorité de la formation, alors qu'il est plutôt l'acteur le moins bien placé pour le faire, n'étant pas vraiment impliqué dans le marché. En réalité, les besoins de formation changent avec le marché, c'est donc aux entreprises d'indiquer les formations dont elles ont ou auront besoin dans un avenir proche, afin de former des individus à des emplois qui sont ou seront nécessaires. Comme il est illusoire d'impliquer toutes les entreprises, ce sont les associations professionnelles qu'il va falloir aller chercher, impliquer, faire renaître. Ce sont des "corporations d'entreprises" qu'il faut créer (relisez Durkheim si le coeur vous en dit, il parle très bien de l'impact social possible des corporations, et cela date pourtant d'un siècle).

Ces corporations auront pour tâche de déterminer les formations nécessaires à leur marché spécifique, de les dispenser aux individus sans emplois, de reconvertir ceux qui deviennent obsolètes au lieu de les licencier comme des objets sans intérêts, etc. Il faut créer des corporations qui viendront prendre le relais de l'Etat dans l'optique de formation et de transformation des emplois, dans un capitalisme en mouvement, qui ne prend pas le temps de reconvertir les individus, mais préfère les opposer dans une guerre d'accès au travail qui fait peur à tous les hommes et femmes, une peur de la misère qui ne devrait plus exister dans une économie développée.

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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /Déc /2006 22:53
Ce que j'écris ici est en réalité ce que je mets en ligne sur le site de Ségolène Royal, candidate à l'élection présidentielle française en 2007. Espérons que cela lui fournira un début de programme politique avec une cohérence économique nouvelle (je m'y emploie, mais entend-elle, c'est la question).

Etudions donc EDF et le marché de l'électricité, pour illustrer le rôle de l'Etat dans l'économie. Une première constatation purement économique : le monopole n'est pas la meilleure des alternatives économiques pour le consommateur (même si à choisir, il vaut mieux toujours avoir un monopole public que privé, la tension sur les prix étant certainement moins forte). En ordre de préférence économique croissante, on a donc le monopole privé, le monopole public, et la libre concurrence.

Cela résoud la première question sur le monopole d'EDF sur le marché de l'électricité : non. Mais EDF doit-il pour autant être privatisé ? Non plus ! L'énergie est un secteur trop important pour être laissé aux mains exclusives d'acteurs privés, il faut un acteur productif public qui optimise le marché (en optimisant le prix, cf message précédent). Il y a donc lieu de démanteler les situations de monopole, quand cela est possible (par exemple, à moins de construire plusieurs réseaux électriques concurrents, il ne peut qu'y avoir un réseau détenu de façon monopolistique, donc de préférence par une entreprise publique. C'est souvent le cas des infrastructures de transport d'ailleurs). Mais ce n'est pas une raison suffisante pour qu'EDF conserve son infrastructure en son sein et c'est pour cela que la création de la RTE a été une très bonne chose. Reste maintenant à asseoir son indépendance actionnariale, à réintégrer la RTE directement à l'Etat, et non en tant que filiale d'EDF, pour assurer une vraie concurrence dans la production et la vente d'électricité.

Nous avons donc un marché de l'électricité ouvert à la libre concurrence, aux acteurs privés, avec un acteur public, EDF, pratiquant des prix de marché, sans rechercher une rentabilité sans cesse croissante de son activité. EDF est donc le gardien du maintien d'un prix modéré mais viable, car couvrant les coûts globaux de fourniture d'électricité à ses clients.

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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /Déc /2006 00:09
Un peu d'histoire pour illustrer mon propos précédent :

Adam Smith : 18ème siècle, auteur de la théorie du marché, de ce qu'on appelle aujourd'hui le libéralisme économique. La théorie date un peu comme on peut le voir, pourtant, c'est elle qui est au coeur de notre conception économique, avec un ajout célèbre du début du 20ème siècle par Keynes, sur le rôle économique de l'Etat (en l'occurrence un Etat qui relance l'économie par la consommation, c'est-à-dire par des dépenses qui créent un déficit du budget temporaire, avant de revenir à l'équilibre ensuite).

Karl Marx: 19ème siècle, auteur de la théorie économique marxiste, théorie très intéressante, mais inefficace. Elle a donné le communisme, qui a dérivé en totalitarisme de façon logique (absence de contre-pouvoirs politique, de concurrence économique).

Ce qui est très intéressant, à part la constatation de l'absence de nouveauté majeure depuis plus d'un siècle, est que presque tout le 20ème siècle s'est focalisé sur cette opposition capitalisme-communisme, marché-Etat, avec pour résultat au XXIème siècle une victoire du marché et un discrédit total sur les décisions et capacités de l'Etat en termes économiques. C'est encore pire en termes politiques, car les clivages politiques nationaux étaient eux aussi régis par cette opposition. Avec la disparition du communisme, toute la gauche a perdu son point d'ancrage idéologique, et se retrouve en quête d'une pensée qui lui redonne un sens. Le socialisme, qui mélangeait les deux extrêmes, le capitalisme et le communisme, est particulièrement atteint. Il lui faut donc se réinventer, se renouveler. Ainsi, la gauche aura une pensée économique et politique qui lui redonnera une crédibilité aux yeux du monde, et de son peuple en particulier.

Le résultat aujourd'hui : il faut sortir de l'opposition qui a marqué le siècle passé, et comprendre l'intérêt productif de l'Etat, en tant que catalyseur de l'économie.

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