Mardi 5 décembre 2006
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Après ces textes plutôt pratiques sur le rôle de l'Etat dans une économie capitaliste, il est temps de faire un peu de théorie. Cette théorie a bien sûr été évoquée dans les grandes lignes, mais un effort de systématisation sera sûrement apprécié de la part des lecteurs, qui peuvent se sentir perdus par les différentes facettes de l'économie présentées ici. Je vais donc me plonger rapidement et de la façon la plus claire possible dans l'approche théorique de l'économie capitaliste, avec ses bons et ses mauvais côtés, tels qu'ils sont souvent mélangés, les bonnes fins et les mauvais moyens étant indiscriminés habituellement.
Pour les plus assidus (et il n'y en sûrement que très peu), vous pouvez vous référer à l'article sur la fixation du prix par le processus de marché. Cette fixation de prix est irrationnelle, au sens où elle dépend des jugements, de la perception faussée des acteurs. Il faudrait une connaissance parfaite, une information totale de milliers de données pour avoir un prix qui soit rationnel. Mais, étant basé sur des notions d'envies réciproques, qui fondent le marché, la rationalité du prix est somme toute très sujette à caution. Le marché tire sa beauté conceptuelle de la notion de concurrence, qui sous-entend la liberté des individus (ou entreprises) concurrents. Mais dans la théorie la concurrence est parfaite évidemment, et c'est pour rejoindre cette perfection de la théorie que l'Etat va agir en pratique. l'Etat a pour objectif de rendre la concurrence réelle la plus proche possible de la concurrence parfaite.
La concurrence parfaite permet de fixer un prix qui en général reflète approximativement un prix où la production est rentable (le prix de vente excède le coût de production), et où les clients ne sont pas arnaqués (il n'est pas démesurément élevé). Pour avoir une concurrence parfaite, il faut négliger beaucoup de paramètres de la réalité, telle que les barrières à l'entrée, les monopoles, la propriété intellectuelle, les ententes, les choix stratégiques, etc. Lorsque tout cela est négligé, nous avons un capitalisme intellectuellement splendide, avec comme notion centrale la concurrence, fixatrice du prix qui permet à l'économie de fonctionner et de s'améliorer continuellement. Il y a là la clé de l'appétance du capitalisme, un mouvement perpétuel qui pousse toute l'économie vers l'avant. L'acceptation du taux d'intérêt à la fin du Moyen-Age y a été pour beaucoup, il faudra y revenir, car c'est ce taux d'intérêt qui pousse encore plus le capitalisme.
Dans la réalité, il en va bien autrement malheureusement, la concurrence est toujours imparfaite, de façon volontaire souvent, car les défauts de concurrence profitent pratiquement toujours à des acteurs en particuliers, au détriment de la globalité. L'Etat doit donc être l'outil du rétablissement de la concurrence, il est l'outil fondamental du capitalisme le plus efficace, le plus proche de la théorie, le plus attirant. Ce n'est plus dans l'opposition qu'il faut penser l'Etat et le marché, c'est dans la complémentarité.
Renouveau