Commençons par le début de l'économie, à savoir son vrai but. L'économie a pour but une seule chose : le bien-être de l'homme. Rien d'original là-dedans, c'est d'ailleurs un but partagé avec beaucoup d'autres activités, ludiques, artistiques, sociales, etc... Là où l'économie s'individualise par rapport au reste, c'est que son moyen est l'échange commercial. L'économie est née quand les hommes ont commencé à s'échanger des biens, matériels ou non, et que cela a remplacé le don, l'abandon du surplus, etc. Lorsqu'il a fallu donner pour recevoir, recevoir pour donner, est née l'économie, théorie du calcul des valeurs, des coûts, des bénéfices. Et pour améliorer ces calculs, rendre les échanges plus simples, plus rapides, la monnaie est apparue. Création humaine, la monnaie a été le détonateur de ce nouveau mode de rapport entre les hommes, l'échange de biens, l'économie. Aucune critique morale de mon point de vue sur cette apparition, ce développement, ce n'est pas mon habitude. Le principal est que son expansion n'a cessé jusqu'à maintenant et qu'il est temps de la recadrer.
L'économie est donc une théorie qui englobe les relations d'échange commerciales entre les individus. Elle a essayé de conceptualiser aussi les relations non-commerciales, telle que l'amitié et l'amour, mais leur prix est difficile à fixer, ce qui fait qu'elle achoppe sur les notions de famille, d'amis, de couple, même si elle sait les intégrer dans ses fonctions de consommation et de production (don de temps, de travail, d'argent...). Cette théorie a donc une vocation universalisante à tous les segments de la société, ce qui en fait son intérêt et son problème. Evaluer la valeur donnée par une mère à ses enfants par son travail domestique est une absurdité, puisque l'on ne peut pas calculer le don d'amour en retour, ou à l'origine de ce travail. L'économie doit savoir s'arrêter là où son unité monétaire n'a plus de signification. L'économie ne peut s'aventurer là car elle est handicapée par sa référence, l'argent.
Et ce qui est drôle, c'est que ce qui a le plus de valeur aux yeux de l'homme est ce qui n'a pas de prix. Ce sont sa famille, ses amis, ses idéaux.
Le bien-être de l'homme passe donc par différentes choses, différents moyens, dont l'une est la consommation de biens, matériels ou immatériels (nourriture, vêtements, logements, médicaments, musique, culture en général). Cette consommation est variable en fonction de chacun, de sa situation, de ce qui lui est offert, de sa société aussi. Les achats sociaux, ceux qui ne répondent qu'à une fonction sociale de positionnement, de représentation, d'appartenance, sont légion mais montrent malgré tout cette notion de fourniture de bien-être, même passager, même superficiel, de l'économie. Je m'arrête sur ces achats sociaux car ils n'ont pas de sens absolu, seulement relatif. Ils représentent une certaine chose dans la société, et sont donc achetés pour ce qu'ils représentent. En tant que tels, ils n'ont pas d'autre intérêt, et varient donc d'une société à une autre, sans que cela y change quoi que ce soit. Le problème est que cette acquisition de biens sociaux a empli toute notre société, tout nos biens, que chaque chose est socialisée dirait-on, si bien que des biens dont nous n'avons pas besoin font leur apparition et sont vendus (et donc produits) chaque jour. Cette production à but social est un grand danger, car elle n'est pas nécessaire, elle peut être réduite à une portion congrue si nous le décidons et créons en tant que société, de nouveaux codes de représentation, autres que nos biens.
Ce dernier paragraphe fait allusion à deux concepts fondamentaux dans l'économie, concepts mélangés qu'il va falloir séparer et éclaircir, l'envie et le besoin. Car nous sommes tous abreuvés de poncifs du genre "la création de besoins", une expression tout à fait fausse. Les besoins existent depuis toujours, ils sont aisés à déterminer. Ensuite, vient leur satisfaction, et donc l'envie. C'est l'objet du prochain article.
Renouveau
